Moyen orient: La formule 2 en 1 est-elle possible ?

Publié le par lapetiteboite.over-blog.fr

Dans le cadre du dialogue relancé par le président Obama, les négociations israëlo-palestinienne sont repris mercredi à Jérusalem. Lors de ces négociations, il sera à nouveau question de créer un Etat palestinien, pour respecter le principe, « deux peuples, deux Etats » esquissé lors des accords d'Oslo en 1993. 
Mais est-il possible de créer un Etat à partir de rien ? De plus en plus d'analystes en doutent et militent pour un Etat bi-national, une nation arc en ciel. Si l'option est séduisante sur le papier est-elle réaliste pour autant?

La création d'un Etat palestinien est soutenue par la communauté internationale depuis les accords d'Oslo, il y a 17 ans. Mais certains observateurs, notamment coté palestinien remettent de plus en plus en question la création de cet Etat. En effet, selon eux l'Etat palestinien serait bien trop difficile à construire. Et pour cause, dans le cas d’une formation, l'Etat palestinien devrait gérer un territoire coupé en deux puisqu'il intégrerait Gaza et la Cisjordanie. Par ailleurs, la création d'un Etat palestinien supposerait selon eux le retrait d'une grande partie des 500 000 colons présents en Cisjordanie, une éventualité qui parait impossible au regard de la difficulté politique et logistique d'évacuer les 8 000 colons de la bande de Gaza en 2005. 
A supposer que cela soit possible, dans quelle situation économique et politique serait le futur Etat ? Le mouvement national palestinien, très divisé depuis toujours, serait-il en mesure de se recycler en force politique capable de gouverner ? Cet Etat ne serait-il pas trop faible pour échapper à une main mise de l'Iran ou de la Syrie ? Quel statut alors pour Jérusalem Est déja peuplée de plusieurs milliers de colons ? Ce sont toutes ces questions que soulèvent les sceptiques. 

Face à ce mur jugé infranchissable, ils proposent donc un Etat binational. Séduisant à première vue, l’état binational sonnerait ici le glas d'Israël. Cet Etat serait en effet peuplé par une moitié de juifs (6 millions) et par une autre moitié de palestinien. Or l'essor démographique palestinien rendrait les palestiniens rapidement majoritaires. Dans ce cas Israël pourrait il conserver son statut d'Etat Juif ? La réponse est bien entendu négative : Israel devrait alors devenir un Etat laïque. Or que serait Israël sans religion ? C’est l’idée même de l’état juif qui avec la laïcité s’éteindra. Le peuple juif, n'aura alors plus de terre propre, et le sionisme émancipateur n'aura été qu'une parenthèse vaine.
Face à ce dilemme, le fantasme d’un état bi-national n’apparaît plus que comme une fiction idéaliste : face à ce dilemme la solution acceptable reste la création d'un Etat palestinien qui permettrait aux palestiniens de s'émanciper dans une nation, et aux juifs de conserver une terre. N’est ce pas après tout la prérogative de tout peuple ? Refuser la création d'un Etat palestinien c'est prendre le risque certain de prolonger le conflit durant encore des décénnies, au vu des inimitiés entre les deux peuples
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La création d'un Etat palestinien est certes complexe mais non pas impossible. Depuis la mort de Yasser Arafat classé 6ème fortune mondiale dans la catégorie souverain et chef d'Etat, l'aide internationale est utilisée à des fins un peu plus claires. Elle permet au très sérieux premier ministre Salam Fayyad de construire la véritable ossature d'un Etat. Depuis 2007, Fayyad construit des écoles, rationnalise les ministères, forme la police, lutte contre la corruption, etc. Ce travail titanesque est signe d'espoir, et porte déjà ses fruits, le PIB cisjordanien a cru de prés de 8% en 2009. La jeunesse de la population palestinienne (60% de moins de 15 ans a Gaza) est porteuse d'espoir pour l'avenir. Pour la première fois depuis 1993 les palestiniens se sont livrés a du statebuilding, préliminaire essentiel a la création d'un Etat.

Un Etat palestinien paraît donc la seule solution durable, et malgré le scepticisme ambiant cet Etat est plus que jamais d'actualité. La paix ce serait peut etre finalement comme l'amour c'est au moment ou on ne l'attends pas qu'elle se présente.

 

Article inspiré d'un debat entre Ofer Bernstein et Zayad Clot organisé par SPMA

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Manuel 04/10/2010 17:34


"Seuls les élus verts et quelques élus du parti de gauche ont voté contre cette accord"

Le Parti de Gauche a deux élus au Conseil de Paris : Danielle Simonnet, élue du 20ème et Alexis Corbière, élu du 12ème.

Tous les deux, donc l'ensemble des élus du Parti de Gauche (et non pas quelques!), ont voté contre ce protocole.


Raphaël 17/09/2010 18:37


C'est très bien mais tu ne mentionnes pas la solution austromarxiste qui pourrait tout à fait être envisageable pour régler le conflit.