Petit plaidoyer sur la légitimité d'Israel, Partie 2

Publié le par lapetiteboite.over-blog.fr

La première partie a essayé de démontrer pourquoi est-ce que l'idée d'un Etat juif est légitime et pourquoi cet Etat, est, dans son fonctionnement actuel, légitime. Mais la démonstration ne saurait se terminer ici. Pour beaucoup Israel est illégitime car ce serait un vestige du passé colonial des puissances occidentales. Israel serait donc le dernier Etat colonial du monde. D'abord la critique de l'Etat colonial, sous entend une inégalité juridique entre "colonisateur" et "colonisé", entre eux existerait un rapport de dominant-dominé. Comme nous l'avons vu dans la première partie un tel rapport, n'existe pas dans l'Etat juif. Un Etat colonial sous entend également une souveraineté "délocalisée", c'est à dire que la souveraineté est exercé par une métropole au depend des autochtones.

Meme les plus importants detracteurs d'Israel savent qu'une telle situation n'existe pas dans ce pays. Quel est alors au juste, le reproche. Pour certains, Israel est la fille du colonialisme, en d'autre terme, sa souveraineté n'existe que parce qu'elle lui a été léguée par une puissance coloniale (et donc illégitime): le Royaume Uni. Or cela est en grande partie faux, le Yishouv, c'est à dire la communauté d'environ 650 000 personnes qui vivait en Israel avant 1948 a arraché sa souveraineté au Royaume Uni au prix d'une lutte armée . Certes cette lutte fut bien moins illustre que ce qu'il s'est produit par la suite en Algérie par exemple, cependant il serait faux, de voir la souveraineté d'Israel sur 55% du territoire de la Palestine historique comme un cadeaux fait par les britanniques aux juifs du Yishouv. D'ailleurs il est important de souligner qu'après 1948 les britanniques, étaient de ce fait en très mauvais terme avec le jeune Etat qu'ils prenaient pour communiste.

Certains diront alors qu'Israel est un Etat colonial car c'est un Etat qui a été crée ex nihilo, et que la souveraineté de cet Etat se fait au détriment des populations qui l'occupait au moment de la création de ce dernier. Là encore ce point de vue est à nuancé très fortement. En effet le plan de partage donnait la souveraineté aux populations qui étaient majoritaires sur un territoire donné, c'est cela qui explique les frontières sinueuses et difforme du plan de partage de 1948. Là où les palestiniens étaient majoritaires, la souveraineté appartenait au peuple palestinien (la raison pour laquelle aucun Etat n'a été cree dans ces Entités souveraines où il n'y avait aucune implantation israelienne reste une énigme) , là où les juifs étaient majoritaires la souveraineté était leur. (55% du territoire dont la majeure partie constitué du desert du Neguev, quasi-inhabitable). Tout en sachant que via l'égalité des droits la souveraineté n'appartient pas à un peuple dans la zone juive, mais aux citoyens présents, quelque soit leur religion.

D'autres encore pourront clamer que si il y avait une majorité juive dans ces zones, c'est parce que les puissances coloniales ont encouragé une immigration juive. Ceci est faux puisque la plupart des migrants étaient des juifs ashkénazes qui ne venaient pas de puissances coloniales, et que les puissances coloniales, France et Royaume Uni en tete (livre blanc interdisant l'immigration en 1939) étaient assez largement réticentes à l'immigration juive et souvent à l'idée meme de sionisme qui allait...contre les interets coloniaux des puissances concernées.

La création de l'Etat d'Israel n'a donc rien d'une construction coloniale, une population s'installe quelque part, c'est son droit tant qu'elle n'exproprie pas ou ne massacre pas les populations locales (la grande majorité des terres ont été achetés par les colons avec l'aide de quelques philantropes comme les barons de Rotshild) et qui par la suite réclame sa souveraineté démocratique dans les zones où elle est majoritaire, n'est-ce pas là un des élément fondametal du droit des peuples à disposer d'eux meme. Car finalement peu importe le nombre d'années où un peuple a vécu sur une terre, ce qui compte c'est qu'il y vit effectivement dans présent, et accessoirement la met en valeur, dans ce cas elle peut légitimement y revendiquer une souveraineté de type démocratique.

Enfin on essaye parfois de délégitimer Israel dans ses frontières actuelles, car un certains nombre de territoires ont été acquis par la conquete. En quel cas une conquete est-elle légitime ? Ceci est une vaste question. Cela dépend bien sur de ses modalités. Simplement il faut rappeller que tout les Etats d'europes se sont construits sur des conquetes légitimes ou non. Cependant toutes les conquetes qu'a réalisées Israel ont été le fruit de guerres où il n'a fait que se défendre d'une tentative de déstruction (guerre des 6 jours, Guerre de Kippour). Israel n'a donc pas eu l'initiative de la conquete, de fait on peut voir comme légitime des conquetes défensive. Par ailleurs suite à ces conquetes, le conquérant n'ecrase pas le conquis, bien au contraire, ces conquetes ont été donneuses de droits. Dans ce cas difficiles de dire qu'elles soient illégitimes.

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Résumé historique de la situation 06/03/2011 22:05


http://www.youtube.com/watch?v=63hTOaRu7h4


Aschkel 03/03/2011 09:40


pas 55 % de la palestine mandataire 23 %
http://www.aschkel.info/article-29-novembre-1947-plan-de-partage-de-l-onu-sur-la-partie-juive-23-de-la-palestine-mandataire-aucun-plan-prevu-sur-la-palestine-arabe-tranjordanie-77-61964898.html

dans le premier de tes articles pas 1880 mais 1854, bien qu'une présence juive soit toujours restée depuis les romains


merci pour tes articles


Quentin 01/03/2011 14:04


Clairement, je ne remets pas une seconde en cause la légitimité d'Israël, mais j'ai quand même une observation quand à la démocratie israélienne.
Ne pourrait-on pas légitimement intégrer la politique extérieure dans ta définition de démocratie ? J'entends, la France était-elle encore une démocratie quand elle était un empire et que n'étaient
citoyens que les métropolitains ? Le gouvernement du débat n'est plus respecté que pour une fraction de la population, donc il me semble que parler d'Etat démocratique dans ces conditions n'est
plus pertinent.
En conséquence dire qu'Israël est une des démocraties les plus avancée du monde n'est pas évident, et me semble plutôt choquant. Certes, rien à redire (enfin rien de grave) sur le plan intérieur.
Mais si les arabes israéliens ne sont pas discriminé, les conditions de vie imposées par Israël aux minorités arabes frontalière (Gaza principalement) entre complétement dans cet ordre d'idée. On
est pas, je suis d'accord, dans le cadre de territoires "maitrisés" par Israël, sur lequel l'Etat aurait un contrôle légal. Ce n'est pas une situation coloniale.
Mais la question de semble assez complexe pour que parler d'Israël comme d'une des démocraties les plus avancées du monde ne soit pas si évident.