Le procès Zemmour ou la fausse défaite

Publié le par lapetiteboite.over-blog.fr

Dans certains endroits de Paris, on peut apercevoir des affiches placardées ici et là par des associations anti-racistes, demandant à la population de faire "attention aux idées qui puent". A coté de ces dernière il y a des affichettes visant Eric Zemmour. Depuis Vendredi, jour ou Eric Zemmour a été condamné pour incitation à la haine raciale, les associations anti-racistes essaient de nous faire croire qu'elles sont sorties triomphantes d'un procès logique pour les uns, scandaleux pour les autres. Pourtant à y regarder de plus près les associations qui s'étaient portées parti-civile n'ont qu'à moitié gagné le procès, mais ont surtout perdu le débat.

L'accusation portait sur deux éléments, deux phrases, la plus célèbre et celle autour de laquelle le débat s'est centré "la plupart des trafiquants sont des noirs et des arabes c'est un fait", et "les employeurs ont le droit de ne pas embaucher des noirs ou des arabes". Eric Zemmour avait alors été attaqué pour diffamation sur la première et incitation à la discrimination sur la seconde. Le débat public avait alors porté sur la première accusation en diffamation, la défense des associations anti-racistes était simple "Eric Zemmour n'a aucune preuve de ce qu'il avance et en établissant une relation de causalité entre la couleur de peau et la délinquance, incite à la haine raciale". Or cette défense a été totalement désavouée par la justice.

http://24heuresactu.com/wp-content/uploads/2010/11/eric-zemmour1.jpgD'abord en dépit de l'absence de statistiques ethniques, les preuves des dires d'Eric Zemmour existent bel et bien, ainsi en 2007 une étude du ministère de la Justice qui avait pour but d'envoyer la bonne proportion de ministres de culte de chaque religion dans les prisons a établi le nombre de musulmans dans les prisons à 70%. Le sociologue Fahrad Khosrokhavar établi lui le chiffre de 60%. Mais la n'est pas le sujet, les associations anti-racistes ont procédé à une grave erreur méthodologique. En France, suite au principe de la présomption d'innocence, c'est à l'accusation d'apporter les preuves de la culpabilité et non l'inverse, de fait l'absence de statistiques ethniques disculpe automatiquement Eric Zemmour. Ensuite les associations anti-racistes dénoncaient une relation de causalité. Cette relation est au centre de l'accusation de racisme, car un des éléments caractéristique du racisme, c'est justement établir des causalités entre les origines des individus et leur actes. Mais ici la relation de causalité est très loin d'etre avérée, ici il s'agit d'une corrélation. Les chiffres ne parlent pas d'eux meme, c'est son utilisateur qui les fait parler, ainsi les chiffres ne donnent que des corrélations, une corrélation étant la présence de deux statistiques évoluants dans le meme sens. La relation de causalité ne peut etre qu'issue de l'interprétation des chiffres, interprétation à laquelle ne s'est jamais livré Eric Zemmour, d'autant plus que cette petite phrase, au demeurant fort malvenue, ne constituait pas l'axe d'une argumentation, mais une réponse éclair. Ici les associations anti-racistes ont anticipé sur une hypothétique interprétation. Ainsi on peut se demander si les associations anti-racistes peuvent sur la base de la phrase "80% des hommes riches portent la moustache" conclure que la moustache entraine la richesse.

En revanche la deuxième phrase sur le "droit des employeurs" n'est pas acceptable, car il s'agit réellement d'une incitation à la discrimination. Quoi qu'il en soit ce procès doit nous ammener à réfléchir sur la portée des lois anti-discriminations. Mr Zemmour a été également condamné par le tribunal pour excuser une pratique discriminatoire, celle du controle au faciès, ce qui est vrai ici. Mais mettons nous une seconde à la place d'un policier qui doit faire du chiffre, (Partons du principe que personne n'ait d'information sur le taux de criminalité des differents groupes ethniques) et, bien qu'il soit moins exposé aux préjugés, le policier devant "juger" toute la journée, le représentant des forces de l'ordre doit lors des controles se livrer à une "Experience de Devine" perpetuelle. L'experience de Devine est une experience mesurant l'ancrage des stéréotypes dans les populations, elle consiste à montrer des visages, blancs ou noirs à des cobayes, ces derniers doivent alors prononcer le premier mots qui leur passe par la tete. Or la propension pour les blancs, mais aussi pour les noirs, à prononcer des mots négatifs est beaucoup plus forte lorsqu'un visage noir est présenté. Ces préjugés sont inconscient, incontrolables, et bien qu'ils y soient soumis sans doute moins que les autres les policiers y sont quand meme objet, car ce sont des Hommes et, de fait, arreterons plus de "noirs et d'arabes". Une loi, un décret, une décision de justice ne peut déraciner ce qui est ancré dans l'inconscient. De fait la seule solution est la coercition. Pour arreter les "discriminations aux controles", l'Etat ne peut faire qu'une seule chose, d'une part mener une lutte sur le plan culturel (valorisation des noirs et arabes etc etc) ce qui est deja fait, d'autre part mettre en place un système de quotas aux controles afin que ces derniers soient vraiment aléatoire, quitte à perdre en efficacité, car tant que le controle dependra entierement du jugement du policier, il y aura des discriminations. Cette proposition un peu saugrenue, pousse au bout la logique des associations anti-racistes, c'est à dire zero discriminations volontaires ou non. Il y a là un choix de société à faire.

 

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Mickael C. 27/02/2011 14:21


Belle démonstration. Je n'aurais pas fait mieux.