Bonne rentrée (ou pas)

Publié le par lapetiteboite.over-blog.fr

IUFMChaque année rituel se répète, élèves et professeurs se retrouvent pour une année dans la joie et la bonne humeur. Seulement cette année la donne est un petit peu différente ; en effet cette année, les 16 000 enseignants novices feront leur rentrée... sans formation pédagogique. Suite à une réforme gouvernementale les IUFM, (Institut universitaire de formation des maitres) ont fermé leurs portes l'année dernière. Ces 16 000 nouveaux enseignants se retrouveront donc dans une classe avec un simple savoir universitaire dans la discipline enseignée. Certes un mécanisme de compagnonnage a été mis en place, avec un système de parrainage des jeunes enseignants pendant plusieurs mois, mais est-ce vraiment sérieux ?

 

A l'heure où la France se retrouve 17ème sur 25 en lecture dans le classement pour l'éducation des pays de l'OCDE, (une dégringolade de 10 places en 20 ans), 19ème en sciences, et 18ème en mathématiques; à l'heure où l'on parle d'une école démissionaire dans certains quartiers chauds à cause, notamment, du manque de compétences pédagogiques de jeunes enseignants lâchés dans des classes à problèmes, supprimer les IUFM apparaît être un suicide académique.

Certes les IUFM, très critiqués, étaient loin d'être parfaits: enseignants déconnectés de la réalité, pédagogie laxiste et inadaptée, pensée unique, inutilité de certaines formations, incompétences des formateurs étaient souvent dénoncés. Les IUFM en sont sans doute pour beaucoup dans les difficultés éducatives françaises, mais les supprimer revient à empirer la chose. Une réforme (profonde) des IUFM, oui, car la France a besoin d'un rebond dans sa politique éducative qui ne marche plus - élite trop petite, ghettos d'élèves en difficulté trop grands - mais la suppression c'est la démission. Cette histoire de compagnonnage (au passage très courte) n'est pas sérieuse tout comme le fait de remplacer les enseignants absents par des étudiants. Encore une fois, le gouvernement refuse de prendre le problème à bras le corps: donner à la France une vraie politique éducative cohérente, en supprimant les IUFM plutôt qu'en les réformant, la France de l'éducation n'a fait que reconnaitre son échec.

Sans bons professeurs à disposition de tous, on touche à une égalité des chances déjà bien amochée, or si l'inégalité des chances est trop forte, alors toutes les inégalités socio-économiques deviennent injustifiables, et donc des politiques libérales hors de propos. En ne réglant pas, et même en empirant le problème de l'éducation en France, le gouvernement détruit les justifications philosophiques à sa propre politique.

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